Takei à Angoulême
Accueil - dossiers - Takei à AngoulêmeAngoulême 2005, « entre vue » d'Hiroyuki Takei
Comme promis, je vais vous raconter ce qui c'est passé à Angoulême, où j'allais plus particulèrement voir l'auteur de Shaman King.
Déjà après trois heures de route, ma
fine équipe de reporters et moi avons mis une éternité
à nous garer et à nous rendre sur le lieu même du festival.
Pour vous expliquer, il avait lieu dans la vieille ville d'Angoulême,
ville anciennement fortifiée et perchée tout en haut d'un
promontoire rocheux. Bref la galère, d'autant plus qu'il
y avait je ne sais combien de milliers de personnes ce samedi là, et
pour rajouter à notre bonheur, il faisait un froid de canard
!
Arrivée sur le sacro saint lieu de la bd (sous toutes ses formes) je
ne mis pas longtemps à repérer l'endroit où Mr Takei
devait faire ses dédicaces.
Les organisateurs avaient les petits plats dans les grands pour accueillir les
mangakas venus de toute l'Asie (principalement Japon et Corée),
puisque pour la première fois de toute son histoire, le festival faisait
une place d'honneur aux mangas.
Après avoir trouvé le stand de Kana, j'ai discuté
un peu avec l'un des responsables (chapeau d'ailleurs à ceux
qui y travaillé, d'une part pour leur rapidité et d'autre
part pour leur accueil vraiment très sympathique !) en attendant que
Takei arrive pour la séance de dédicace.
Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre à ce moment que seuls
un petit nombre d'élus auraient le privilège de pouvoir
faire dédicacer leur volume favori de Shaman King
!!
En effet, les dédicaces étaient organisées à la
japonaise, c'est-à-dire qu'avant chaque séance, un nombre
limité de tickets étaient distribués aux fans (les premiers
arrivés étaient les premiers servis) et que seuls ceux-ci avaient
alors accès à l'auteur. Première déception,
et hélas, pas la dernière
.
Je demandais donc gentiment s'il restait des tickets et il me fut répondu
que malheureusement pour la dédicace de Samedi, seules seraient pris
en compte les personnes ayant obtenus leur ticket la veille. Interloquée,
je demandais alors de plus amples explications ...
En fait, Takei n'avait pas pu assurer la séance de dédicace
de vendredi, ayant eu, il semblerait, un malaise. Seconde et immense déception ...
Bien entendu, il n'y aurait pas d'autres séances pour rattraper
celle avortée de vendredi. En gros, ma dédicace, je l'avais
dans le baba
.
C'est donc frustrée et un peu triste que je me
collais contre le mur en attendant, tout de même, l'entrée
du Maître. Il arriva un petit quart d'heure plus tard et je dégainais
mon appareil photo pour pouvoir un petit souvenir. A mon grand étonnement,
il repartit aussitôt
, entouré par les membres de son équipe
(traducteurs de kana, membres de la maison d'édition japonaise)
et revint une ou deux minutes plus tard. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en
sais fichtrement rien. J'étais juste en face de lui et, ma foi,
au bord de l'explosion de joie
. Mais quand je le vit se faire aider de
son traducteur pour enlever son manteau, j'eu un doute
. On sait tous qu'il
a fini le tome 32 dans un état de fatigue très avancé et
je n'ai pas pu m'empêcher de penser que 8h de décalage
horaire en plus n'avaient pas arrangé les choses. J'allais
en avoir confirmation plus tard.
La séance de dédicace commença donc et je pris quelques
photos (cf. sur le site
) avant d'aller faire un tour dans les autres
stands en attendant la conférence.
15h30 début de la conférence.
J'avais failli arriver en retard et je sautais sur une des dernières
places assises disponibles. Je sortis en 4ème vitesse mon carnet et mon
crayon, prête à prendre de précieuses notes.
Le journaliste s'installa et commença par saluer Mr Takei, le remerciant
de sa présence.
Il attaqua l'interview en posant des questions sur le rythme du travail
du mangaka.
Takei en effet dessine 19 pages par semaines, aidé par 5 ou 6 assistants.
Il essai en plus de prendre au moins un jour de congé par semaine, même
s'il est débordé, qu'il consacre pleinement à
sa famille. Il finit en disant qu'il est malgré cela un mauvais
père de famille.
Nous en venons ensuite au début de l'auteur : il a commencé
par être assistant, puis à 22 ans, il remporte un prix pour «
Itako no Anna ». On lui a d'ailleurs fait le reproche d'avoir
garder ce personnage pour sa série suivante, mais Takei répond
avec le sourire qu'Anna est son bébé, sa vision de la femme
idéale. (Sans commentaire)
Le journaliste parle ensuite de Butsu no sa première série, il
évoque sa comparaison par les fans à St Seiya (de Masami Kurumada).
Takei ne répond pas, il se contente de dire que c'est un shonen
comme st seiya.
La question suivante porte sur le décalage entre les personnages «
modernes » héros de shaman king et leur connexion avec un monde
plus ancien. Takei explique qu'il a voulut transmettre certaines valeurs
au lecteur, des idées, des philosophies grâce à cette histoire,
et que le côté moderne des personnages est un support parfait pour
cela.
Il continue en abondant dans le sens du journaliste, affirmant en effet que
le style de la série n'est pas vraiment « convenable »
(entendez par là que le style n'est pas celui recherché
par) pour les garçons.
Vient ensuite une étrange question sur les fantômes.
Le journaliste semble intéressé de voir que Takei leur a donné
une vie propre, un coeur, des sentiments et que ce ne sont pas des robots.
Ce à quoi l'auteur répond qu'il n'a pas eu l'impression
d'avoir voulut faire des personnages « mécaniques ».
(Brève réponse, pas super claire...)
La question de l'humour fut abordée après. Takei répond
qu'en effet pour lui, il est essentiel que le manga ait un certain rythme,
que les lecteurs ne s'ennuient pas. Il estime qu'il faut bien caser
l'humour à des moments clés.
La question suivante dérida un peu l'atmosphère. Le journaliste
demande à Takei pourquoi Yoh arbore sur son tee shirt une feuille de
cannabis. Cherchant à donner une explication, il lui demande si cela
a à voir avec le fait que les shamans, pour entrer en transe, consommaient
certaines substances illicites. Takei se met à rire doucement et répond
que la question est embêtante pour lui et qu'il ne peut pas trop
y répondre (on ne demandera pas pourquoi héhé
!)
Nous passâmes ensuite à des questions d'ordre
technique.
L'interviewer rappelle qu'il prépare environ 20 pages par
semaine et lui demande pourquoi dans ses décors, il utilise plutôt
le noir au lieu des trames (ces motifs tout prêts qui se vendent dans
les papeteries spécialisées.) Takei répond que cela est
le fruit de l'influence des comics américains (comme Hell Boy)
et de certaines BD franco belges.
Le journaliste lui fait ensuite des compliments sur son encrage qui est très
soigné et lui demande des précisions sur sa technique. Là
encore la barrière de la langue pose quelques problèmes puisque
Takei répond qu'il encre 19 pages à la semaine et fini par
dire qu'il le fait à la plume
.
Changement de sujet, maintenant vient le moment de parler de
la fin de shaman king.
Takei explique que malgré la fin de la série au japon, il aurait
aimé pouvoir aller plus loin, mieux développer la fin mais que
pour cela, il lui aurait fallu plusieurs tomes supplémentaires.
Il rajoute que d'autres choses sont impliquées dans la fin de la
série, mais qu'il ne peut pas nous en dire plus sans le demander
à son supérieur au sein de la maison d'édition japonaise.
Je ne vous raconte pas l'immense déception de tous les fans présents.
Il faut dire qu'au premier rang se trouvaient des membres de cette fameuse
maison d'édition, Takei ne pouvait donc pas répondre librement
je dirais.
On lui demande ensuite s'il voudrait faire une suite ou reprendre les
personnages de SK avec une histoire différente. Takei répond que
s'il en a l'occasion, il continuerait plutôt l'histoire
originale mais il ajoute que ce genre d'occasion est très rare
au Japon (snif !)
Et une nouvelle série ?
Takei répond qu'il vient juste d'arrêter le dessin,
qu'il a peut être un nouveau projet en tête. Il nous demande
d'être patient.
Le journaliste parle ensuite de la comparaison faite entre
Shaman King et Dragon Ball, le poids lourd du genre Shonen. Shaman King est-il
en passe de le dépasser ?
Pour Takei, Dragon Ball est une oeuvre formidable, il possède tous
les éléments pour un faire un Shonen exemplaire. Il n'y
a aucun gâchis sur les planches et pour lui, il est difficile de le surpasser.
Il lui est ensuite demandé où il trouve son inspiration, comment
il créé ses personnages.
Takei explique qu'il y a des codes préétablis pour les héros
de mangas pour les garçons. (shonen) Il a juste reprit ces archétypes
et les a retravaillé à son goût. Il aime en effet créer
des personnages différents de ceux des autres mangas, des personnages
originaux en tous points.
On lui pose alors la question de savoir avec quel autre auteur il aimerait travailler.
Takei explique qu'il n'y a pas ou très peu de projets de
collaboration au Japon surtout dans le domaine du manga. Comparant la discipline
au cinéma, il dit que dans cette dernière, tout le monde travaille
en équipe, alors que les mangakas, au contraire, sont des personnes solitaires,
ils sont toujours en confrontation.
Nous passons ensuite aux questions du public. Le temps qui nous est accordé est plutôt restreint, Mr Takei nous quittant juste après. Ici je passerai les questions portant sur des sujets déjà abordés dans l'interview. (le rythme de travail...)
Une première question porte sur l'opinion qu'a
Takei des parodies (humoristiques ou érotiques) faites sur Shaman King.
Ces parodies en effet sont monnaie courante dès qu'un manga connaît
un peu de succès.
Takei répond qu'il ne sait pas. Il n'est pas très
au courant de ce genre de choses et ne s'en préoccupe pas beaucoup
car quand il travaille sur une série, il se concentre uniquement dessus
et se fiche du reste. Il n'a ni le temps ni l'envie de voir ce qui
se passe à côté.
Une seconde question porte sur sa passion du dessin, quand
a-t-il voulu faire le difficile métier de mangaka ?
Après avoir demander une précision de la question, l'auteur
répond qu'il a souhaité en faire son métier après
avoir lu un manga qu'il aimait beaucoup. Le quel, nous ne l'avons
pas su...
Une autre question porte sur la couverture du tome 15, couverture
dorée sur laquelle figure Iron Maiden Jeanne, Hao et Yoh. Pourquoi a-t-il
voulu la faire plus colorée que les autres ?
Takei répond que sur cette couverture figure les 2 chefs des groupes
les plus importants du Shaman Fight, des personnes très dynamiques. Il
a donc voulu faire ressortir cette importance et faire une couverture un peu
plus décorée.
Il lui est ensuite demandé pendant combien de temps
il pensait encore dessiner.
Takei répond avec le sourire qu'il continuera tant qu'il
le pourra
.
Puis pour finir, il lui est demandé quel est son manga
préféré.
Il répond sans hésitation « Baru ». Ce manga lui a
beaucoup plu et il en avait rencontré l'auteur la veille au soir
a Angoulême.
Voilà. C'est fini. Mr Takei, après avoir été
applaudit une dernière fois est repartit.
Il va sans dire que la conférence a laissé un sentiment de déception
chez la plupart des fans, d'une part parce que l'on sentait que
Takei n'était pas très en forme et d'autre part parce
que les sujets de l'interview étaient loin de nos préoccupations.
Espérons que Mr Takei reviendra vite, avec beaucoup de choses à
nous raconter !

Dédicace faite a Naroneko lors de la séance de dedicace.
Dossier redigé par annwan